« Un Festival à Villerville » est organisé par l’association « Villerville et Compagnies »

Visuel de l'affiche 2019 : Photo de Victor Tonelli, détail d'une performance sur la plage mise en scène par Lili Fèvre en 2018

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Madame l'Abbé de Choisy

Une pièce d'Hervé Briaux

d'après "Les Mémoires de l'abbé de Choisy habillé en femme"

Avec : Hervé Briaux

Mise en scène : Patrick Pineau

Lumière : Morgane Rousseau

Son : Nicolas Daussy

« C’est une étrange chose qu’une habitude d’enfance, il est impossible de s’en défaire : ma mère, presque en naissant, m’a accoutumé aux habillements des femmes ; j’ai continué à m’en servir dans ma jeunesse ; j’ai joué la comédie cinq mois durant sur le théâtre d’une grande ville, comme une fille ; tout le monde y était trompé […] Je jouissais du plus grand plaisir qu’on puisse goûter en cette vie. »

Paris, 1644. Louis XIV, à cinq ans, manque se noyer dans un bassin du Palais-Royal. Il est déjà roi : son père est mort l’année précédente. Mazarin et Anne d’Autriche gouvernent en son nom. Cette même année, au Jeu de Paume, Jean-Baptiste Poquelin prend pour la première fois le nom de Molière. Et non loin de là, quelques mois plus tard, naît un autre fabulateur, metteur en scène de soi-même et prodigieux amateur de costumes : François-Timoléon de Choisy.

Son histoire est-elle vraie ? Le manuscrit des Mémoires de l’abbé de Choisy habillé en femme (qui furent publiés en 1735, une dizaine d’années après sa mort) n’est pas autographe. Il est d’ailleurs incomplet. Ce qu’il en reste entremêle des histoires incroyables mais peut-être vraies, croyables mais peut-être fausses. Car l’une des grandes jouissances de l’abbé de Choisy fut toujours de brouiller les pistes et de jouer avec les voiles. Où est le masque, où est le visage ? Du côté officiel, il fut théologien formé en Sorbonne, homme d’Eglise, membre de l’Académie française, ambassadeur au royaume de Siam. Du côté intime, sa mère (qui lui perça elle-même les oreilles pour pouvoir lui prêter ses pendentifs) l’initia dès son enfance à tous les secrets de la toilette féminine. Le goût devait lui en rester toute sa vie. Déguisé en femme, François-Timoléon se fit parfois appeler à Bourges la Comtesse des Barres, puis Madame de Sancy à Paris. Il lui arriva même de jouer avec succès les héroïnes de Corneille. Et quand il ne séduisait pas sous son travestissement des jeunes filles de bonne famille que leurs mères lui confiaient sans se méfier, il faisait habiller en homme sa maîtresse du moment, pour « faire un véritable couple qui n’offense pas Dieu »…

Telle fut du moins sa jeunesse, livrée sans frein, jusqu’à la ruine, aux plaisirs de la sensualité et du jeu sous toutes leurs formes. Et pourtant, tel est aussi l’homme qui finit par rencontrer Dieu – c’est du moins ce qu’il dit – et composa une Vie de David, une Vie de Salomon, ou une Histoire de l’Église en onze volumes qui lui coûta à elle seule vingt ans de travail. Mais à en croire d’Alembert, l’abbé de Choisy ne perdit jamais l’habitude de s’habiller en femme chaque fois qu’il s’enfermait dans le secret de son cabinet pour écrire ses œuvres. On prétend même qu’il fut enterré dans ce costume, conformément à ses dernières volontés.

Hervé Briaux, fasciné par le personnage, l’avait incarné une première fois il y a trente ans. A l’époque, plus proche par l’âge du jeune abbé, il s’était plu à composer le vieillard cacochyme se remémorant ses aventures. Aujourd’hui, Briaux s’intéresse toujours à la dernière heure de son héros, mais c’est pour se pencher sur le mystère de son identité multiple, assumée jusqu’au bout – y compris devant la société de son temps – avec une sorte d’énigmatique sérénité.

Biographie d'Hervé Briaux

Hervé Briaux lors de son passage au festival en 2017 avec le spectacle Tertullien.

Jeudi 29 août, vendredi 30 août, samedi 31 août et dimanche 1er septembre

à 20h30, au château - Durée : 1h